Collège Les Ecrins - Lycée H. Romane
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Textes d’appui

mardi 1er janvier 2013, par Administrateur

Différencier : un aide-mémoire en quinze points

1. La différenciation se situe résolument dans la perspective d’une « discrimination positive », d’un refus de l’indifférence aux différences et d’une politique de démocratisation de l’accès aux savoirs et aux compétences. Elle vise donc en priorité les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage et de développement. C’est un choix politique avant d’être pédagogique.

2. La différenciation pédagogique porte sur les moyens et les modalités de travail, pas sur les objectifs de formation, ni sur les ambitions implicites que l’enseignant développe à propos de chaque élève. Ce qui suppose cependant une centration sur les objectifs essentiels dans une vision stratégique de l’ensemble de la scolarité.

3. La différenciation n’est pas synonyme de respect inconditionnel des différences, car le projet de l’école est de permettre à chacun d’accéder à une culture scolaire commune, celle de l’éducation de base, par exemple la culture de l’écrit, de l’argumentation, de la formalisation mathématique.

4. Ce n’est ni une méthode, ni un dispositif particulier, mais une préoccupation, qui devrait concerner toutes les méthodes, tous les dispositifs, toutes les disciplines, tous les niveaux d’enseignement.

5. La différenciation ne peut ni ne doit aboutir à un enseignement entièrement individualisé. Individualiser les parcours de formation en travaillant en groupes, s’appuyer sur les interactions sociocognitives, tel est le défi.

6. La différenciation se traduit au bout du compte par la qualité, la pertinence, le sens, la fécondité des situations d’apprentissage tout au long de la semaine et de l’année scolaire.

7. Elle passe par une autre organisation du travail scolaire, susceptible d’optimiser les situations d’apprentissage, si possible pour tous les élèves, en priorité pour ceux qui ont des difficultés.
8. Les cycles pluriannuels sont des structures favorables à une organisation du travail plus flexible et plus coopérative (groupes de besoin, groupes de niveaux, groupes multi-âge, soutien intégré).

9. Il n’y a pas de différenciation sans observation formative, critériée, comparant chaque élève aux objectifs de formation plutôt qu’à ses camarades de classe.

10. On ne peut identifier d’avance les besoins et les acquis des élèves, pour leur administrer un traitement ad hoc conçu d’avance ; il faut les engager dans des situations-problèmes ou des projets, qui les confrontent à des obstacles, dont le dépassement devient l’objectif à court terme et pilote des interventions différenciées de l’enseignant.

11. Allonger le temps des études n’est pas la solution, le temps n’est pas la principale ressource, il ne s’agit pas d’apprendre « à son rythme », plutôt d’apprendre à un rythme relativement standard, mais soutenu de façon différenciée par les enseignants. Ce qu’il faut différencier, c’est la part d’investissement subjectif, d’intelligence professionnelle, de créativité, d’enseignement stratégique, de prise en charge personnalisée dévolue à chaque élève.

12. La différenciation pédagogique se pose quel que soit le curriculum en vigueur, mais ce dernier peut moduler la distance entre la culture scolaire et la culture des élèves et de leurs familles.

13. La différenciation pédagogique exige non seulement la maîtrise de dispositifs, mais une formation pointue en didactique, en évaluation, en métacognition, compétences sans lesquelles on ne saura ni s’écarter des situations les plus conventionnelles, ni piloter les processus d’apprentissage.

14. La différenciation doit être pensée et mise en œuvre en équipe, pour confronter plusieurs regards sur les élèves, diviser le travail, gérer plusieurs groupements, travailler les objectifs et les outils ensemble.

15. La différenciation pédagogique suppose une solidarité entre élèves et entre familles, donc leur adhésion réfléchie à l’idée de discrimination positive.

Inutile de dire qu’il n’y a pas de recette et que différencier est l’affaire de professionnels réflexifs, qui pensent que l’échec n’est pas une fatalité et que leur intervention peut « faire la différence ».

Pour en savoir plus :

Perrenoud, Ph. (2002). Les cycles d’apprentissage. Une autre organisation du travail pour combattre l’échec scolaire. Sainte-Foy : Presses de l’Université du Québec.
Perrenoud, Ph. (2004). Pédagogie différenciée : des intentions à l’action. Paris : ESF, 3e éd.

 
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